Le président John Dramani Mahama a signé la loi sur la pêche et l'aquaculture, étendant la protection des zones de pêche artisanale et renforçant les contrôles sur le chalutage industriel illégal, dans une mesure historique pour les communautés côtières du Ghana et la justice océanique.
Le Ghana a franchi une étape historique pour protéger son océan et les millions de personnes qui en dépendent. La loi 1146, promulguée cette semaine, marque un tournant pour les pêcheurs artisanaux en renforçant la protection des eaux côtières, en réprimant la pêche illégale et en établissant une nouvelle référence pour l'Afrique de l'Ouest.
Pendant des décennies, la pêche a été la bouée de sauvetage du Ghana. Elle fournit environ 60 % de toutes les protéines animales consommées au niveau national, assure les moyens de subsistance des populations côtières et stimule les économies locales. Mais ce fondement s'effrite. Les populations de petits poissons pélagiques, aliment de base des ménages, se sont effondrées à moins de 10 % de leurs niveaux des années 1990. Les prises artisanales, autrefois piliers de la pêche marine au Ghana, ont été progressivement érodées par l'empiètement des chalutiers industriels sur les zones côtières. La sécurité alimentaire, la résilience côtière et l'avenir des communautés de pêcheurs sont en jeu.
La nouvelle loi vise à inverser ce déclin. Elle crée une Commission des pêches indépendante chargée de superviser la gestion, double la zone côtière exclusive de six à douze milles nautiques afin de protéger les zones de pêche artisanale, durcit les sanctions contre la pêche illégale et renforce les normes de bien-être des équipages. Ces mesures protègent non seulement les pêcheurs artisanaux ghanéens, mais aussi les exportations de produits de la mer du pays – d'une valeur de plus de 425 millions de dollars par an – contre la menace de sanctions internationales.
L’adoption de cette loi couronne des années de plaidoyer et de volonté politique. Le Ghana a signalé son intention sur la scène mondiale lors de la Conférence des Nations Unies sur les océans en 2025, s'engageant à défendre la pêche artisanale et à maîtriser les flottes industrielles. Le Parlement a approuvé le projet de loi en juillet, malgré la résistance des intérêts des chalutiers, et l'approbation du Président a désormais transformé ces engagements en loi contraignante.
Avant la signature, Blue Ventures a rencontré le ministère de la Pêche et du Développement de l'Aquaculture afin de discuter de la manière dont l'organisation pourrait soutenir la mise en œuvre. Les deux parties ont souligné l'importance de l'engagement communautaire, du renforcement des systèmes locaux d'application et de l'investissement dans les données et la science pour étayer les décisions de gestion. Le ministère a également souligné la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation pour sensibiliser le public à la loi et aux opportunités qu'elle offre aux pêcheurs artisanaux. Blue Ventures a partagé les enseignements tirés de ses programmes mondiaux, où la surveillance communautaire et les structures de gouvernance traditionnelles ont joué un rôle déterminant dans la réforme de la pêche.
Pour Blue Ventures, la réforme du Ghana représente un exemple puissant du changement systémique qu'elle cherche à catalyser : réduire l'emprise de la surpêche industrielle tout en créant un espace pour que les communautés puissent diriger la gouvernance de leurs pêcheries.
« Cette loi protège toutes les eaux territoriales, place les communautés côtières au cœur de la gouvernance future et intervient à un moment crucial où la pêche continue de décliner », a déclaré Prudence Wanko, directrice régionale de Blue Ventures pour l'Afrique de l'Ouest. « L'action du président est une démonstration concrète de leadership. Nous appelons les autres pays d'Afrique de l'Ouest à suivre l'exemple du Ghana et à protéger la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance pour les générations futures. »
La tâche à venir consistera à garantir que la loi tienne ses promesses. Cela implique de doter les autorités locales de ressources pour l'application de la loi, de sensibiliser les communautés de pêcheurs et les marchés, et d'investir dans la recherche pour suivre les stocks et mesurer les progrès. Il s'agira également de soutenir les femmes et les jeunes des économies côtières et de recourir à des solutions fondées sur la nature, comme la restauration des mangroves, pour renforcer la résilience à long terme.
La décision du Ghana envoie un signal fort au-delà de ses frontières. En Afrique de l'Ouest, la surpêche industrielle continue de dévaster les moyens de subsistance et de compromettre la sécurité alimentaire. En plaçant les communautés au cœur de la gouvernance, le Ghana s'est positionné comme un leader régional et a tracé une voie claire vers une nouvelle ère de gestion des pêches que le reste de la région ne peut se permettre d'ignorer.





