Une décision politique historique a renforcé la reconnaissance juridique du rôle des communautés côtières dans la protection des écosystèmes marins et côtiers de Madagascar. Le projet de décret relatif aux autres mesures efficaces de conservation territoriale (AECT) réaffirme l'importance des efforts de conservation menés et pérennisés depuis longtemps au niveau local.
Le Conseil des ministres approuve le décret de l'OCDE
Le 13 janvier, le Conseil des ministres de Madagascar a approuvé le projet de décret sur OECM, en créant un cadre national pour reconnaître officiellement les efforts de conservation menés localement.
Les aires marines gérées localement (AMGL) sont des zones qui ne sont pas officiellement désignées comme aires protégées, mais qui sont gérées de manière à préserver la biodiversité sur le long terme. Nombre de ces zones sont conservées grâce à la gouvernance locale, aux savoirs traditionnels et à l'implication des communautés. Concrètement, cela signifie que les aires marines gérées localement (AMGL) peuvent désormais être reconnues par l'État pour les résultats qu'elles permettent en matière de conservation.
À Madagascar, les aires marines protégées locales (AMPL) soutiennent la pêche, protègent les habitats essentiels, renforcent la gouvernance locale et aident les communautés côtières à s'adapter aux changements environnementaux. Le décret intègre ces initiatives locales au cadre officiel de conservation du pays.
Pour la Réseau MIHARI, qui rassemble des centaines d'associations locales de gestion des collectivités (LMMA) à travers le pays, ce décret marque une étape importante.
« Cette décision consacre officiellement les droits et le rôle des communautés locales dans la gouvernance marine grâce à un cadre réglementaire reconnu par l’État, assurant ainsi un soutien durable aux gestionnaires locaux. » – Guy Rakotovao, Secrétaire exécutif du Réseau MIHARI
Pour Blue Ventures et ses partenaires, cela vient consolider des années de travail aux côtés des communautés pour soutenir la gestion marine menée localement et garantir que la gestion participative soit reflétée dans la politique nationale.
Lier la politique nationale aux objectifs mondiaux
Ce décret a également des implications au-delà de Madagascar. Il renforce la position du pays au regard de la Convention on Biological Diversity, qui appelle les pays à conserver au moins 30 % de leurs terres et de leurs mers d’ici à 2030.
La reconnaissance des OECM permet à Madagascar d'intégrer les actions de conservation menées en dehors des aires protégées officiellement désignées, notamment les ZAMP, à l'atteinte de cet objectif. Ceci est particulièrement important dans un pays où une conservation efficace repose en grande partie sur les communautés elles-mêmes plutôt que sur les systèmes d'aires protégées formels. Cela permet de refléter la contribution de la gestion communautaire dans les rapports nationaux.
Blue Ventures soutient les principes de Objectif 30×30Elle souligne que le succès de cette approche repose sur la priorité accordée aux communautés. Une démarche véritablement communautaire garantit le respect des droits humains, le maintien de l'équité et des bénéfices pour les populations et la nature grâce à la conservation.
Dans les prochains mois, les sites LMMA seront évalués selon les critères de l'OECM en collaboration avec le ministère malgache de l'Environnement et du Développement durable. Les zones admissibles seront ensuite enregistrées et incluses dans les rapports officiels de Madagascar à la Convention.
Pour les organisations travaillant aux côtés des communautés côtières, l'accent est désormais mis sur la mise en œuvre, afin de garantir que cette reconnaissance se traduise par un soutien durable à la gouvernance locale, à la gestion à long terme et aux moyens de subsistance qui dépendent d'écosystèmes marins sains.





