En Afrique de l'Ouest, des millions de personnes dépendent de l'océan pour se nourrir, gagner leur vie et perpétuer leur culture. La pêche artisanale fait vivre les communautés côtières du Sénégal au Ghana, mais les populations qui en dépendent sont confrontées à des pressions croissantes : diminution des stocks de poissons, pêche illégale et demande accrue en ressources marines. Nombre de ces défis sont transnationaux, ce qui rend la collaboration régionale plus cruciale que jamais.
Pour renforcer cette collaboration, Blue Ventures a réuni 43 représentants de 35 organisations lors du premier Forum régional des partenaires d'Afrique de l'Ouest à Saly, au Sénégal, afin de partager des expériences, de renforcer les partenariats et d'explorer comment ils peuvent mieux soutenir les communautés côtières de la région.

Pendant trois jours, des participants comprenant des organisations communautaires, des ONG, des gestionnaires d'aires marines protégées, des représentants gouvernementaux et des conseillers techniques de Blue Ventures du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Cap-Vert et du Ghana ont partagé ce qu'ils ont appris de leur travail, discuté des défis auxquels ils continuent d'être confrontés et échangé des idées qui pourraient être adaptées dans différents pays.
Bien que leurs déplacements les aient menés depuis des villages de pêcheurs et des villes côtières distantes de centaines de kilomètres, nombre de leurs conversations portaient sur les mêmes questions. Comment les communautés côtières peuvent-elles continuer à nourrir leurs familles face à la pression croissante exercée sur les ressources halieutiques ? Comment peuvent-elles faire davantage entendre leur voix dans les décisions concernant les ressources dont elles dépendent ? Et comment les organisations œuvrant dans toute la région peuvent-elles partager leurs expériences au lieu de relever ces défis isolément ?
La sécurité alimentaire s'est rapidement imposée comme une priorité commune. Pour de nombreuses familles côtières, le poisson représente non seulement une source de revenus, mais aussi l'une des sources de protéines les plus accessibles et abordables. La protection des ressources halieutiques est donc étroitement liée à la santé des populations, à leurs moyens de subsistance et aux économies locales.
Les discussions ont retracé le parcours du poisson, de l'océan à l'assiette, les participants partageant des exemples concrets de pratiques de pêche durable, d'améliorations dans la transformation du poisson et d'une implication communautaire renforcée déjà en cours dans leurs pays. Ils ont également évoqué ouvertement les obstacles auxquels de nombreuses communautés continuent de se heurter : infrastructures limitées, difficultés d'accès aux zones reculées, préoccupations liées à la sécurité sanitaire du poisson et nécessité de renforcer les liens entre la pêche et les politiques nationales de sécurité alimentaire.

Les discussions ont porté sur des solutions concrètes. Les participants ont évoqué l'amélioration de la transformation et de l'hygiène du poisson, le développement des débouchés commerciaux, la sensibilisation à la valeur nutritionnelle du poisson et une collaboration plus étroite avec les décideurs politiques. De même, ils ont constaté que nombre de ces approches portent déjà leurs fruits dans certaines parties de la région. Le partage de ces enseignements au-delà des frontières pourrait permettre aux communautés de progresser plus rapidement et plus efficacement.
La santé des pêcheries dépend aussi de la participation des populations qui les utilisent à leur gestion. En Afrique de l'Ouest, les communautés de pêcheurs sont souvent les premières à constater les changements dans leur environnement marin, pourtant leurs connaissances et leur expérience ne sont pas toujours prises en compte dans les décisions qui les concernent.
Les participants ont examiné concrètement la mise en œuvre d'une gouvernance des pêches fondée sur les droits, depuis le renforcement de la participation communautaire à la prise de décision jusqu'à la reconnaissance de la sécurité foncière, en passant par l'amélioration de l'accès à la justice et le soutien à une gouvernance plus équitable des ressources côtières. Les expériences de pays comme le Ghana ont mis en lumière des progrès encourageants, notamment les efforts déployés pour renforcer les droits des communautés et étendre les aires marines gérées localement, tout en reconnaissant les obstacles persistants.
Tout au long de ces discussions, les participants sont revenus à une idée simple : la conservation est la plus efficace lorsque les communautés ont la possibilité de façonner l’avenir des lieux où elles vivent et pêchent.

Avant la clôture du forum, les participants ont été invités à imaginer l'avenir qu'ils souhaitent voir d'ici à 2030. Bien que représentant cinq pays et des dizaines d'organisations, beaucoup ont décrit le même tableau : des communautés côtières ayant davantage voix au chapitre dans la gestion de leurs ressources marines ; des mers plus saines grâce à la restauration des mangroves et à la réduction de la pêche illégale ; de meilleures perspectives pour les familles de pêcheurs grâce à l'amélioration des procédés de transformation ; une alimentation plus sûre et des marchés plus robustes ; et des organisations de toute la région continuant d'apprendre les unes des autres tout en relevant ensemble les défis communs.
Cette vision reflète fidèlement la direction que prend Blue Ventures dans toute la région en soutenant des initiatives communautaires qui renforcent le leadership local, tout en établissant des partenariats qui permettent aux bonnes idées de se diffuser plus largement.
Les échanges entamés à Saly se poursuivront bien après le forum. De nouveaux partenariats se sont noués et des idées circulent déjà au-delà des frontières. En favorisant le partage d'idées, le forum a renforcé des relations qui permettront aux communautés de bâtir des pêcheries plus saines et des moyens de subsistance côtiers plus résilients pour les années à venir.





